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Ben Khalfallah : «Le plus dur commence»
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RetourActuellement en pleine préparation avec la sélection tunisienne, qui affronte le Malawi samedi en éliminatoires de la CAN 2012, le néo-Bordelais Fahid Ben Khalfallah a accepté pour Francefootball.fr de faire un large tour d'horizon de son actualité. De son arrivée en Gironde à ses ambitions avec sa sélection, en passant par le fiasco des Bleus en Afrique du Sud, le joueur nous dit tout. (Photo Presse-Sports)
«Fahid, vous avez fêté vos grands débuts avec Bordeaux dimanche par une affiche contre Marseille (1-1). Comment avez-vous vécu ce moment ?
Très très bien, franchement. Je suis vraiment heureux d'être ici. Je m'étais fixé en fin de saison dernière l'objectif de rejoindre un gros club. Je suis servi. En plus, tout s'est bien passé avec Valenciennes, je suis parti en très bons termes. Après, commencer par un Bordeaux-Marseille, c'est un peu rêvé. Et on n'a pas perdu, c'est bien.
Vous avez d'ailleurs effectué un match plutôt encourageant...
Oui, même s'il y avait pas mal de fatigue sur la fin. Je ne voulais surtout pas perdre le match, puisque Bordeaux n'avait plus perdu à domicile contre Marseille depuis 33 ans. Je ne voulais pas débuter par un record (rires)... Le fait d'être revenu au score, c'est bien. Personnellement, j'ai fait un match normal. J'aurais aimé mieux faire, apporter encore plus. Mais j'ai encore besoin de trouver mes repères.
Comment avez-vous été accueilli ?
Super bien. Et par tout le monde, le staff, le coach, le président, qui a pris le temps de me parler du club. Les joueurs sont tous venus vers moi, ils m'ont expliqué comment le groupe fonctionnait, leur façon de jouer. C'est bien, il fallait qu'on se parle puisqu'on n'avait que très peu de temps avant le match contre Marseille. L'ambiance au sein du groupe a l'air vraiment très bonne.
Vous avez grimpé les échelons un à un pour finalement arriver à Bordeaux. Quel regard portez-vous sur votre carrière ?
Je suis très heureux. J'ai connu le National, la Ligue 2 et je suis maintenant à Bordeaux, un gros club. Il y a des carrières comme ça. Certains joueurs, comme Ribéry ou Valbuena, sont passés directement du National à la Ligue 1 et ça a très bien marché. Moi, j'ai pris le temps. J'aurais aimé signer en L1 à 20 ans, ça n'a pas été le cas. Cela reste tout de même une belle récompense pour mon travail. Mais le plus dur commence. C'est bien d'arriver à Bordeaux. Maintenant il faut confirmer. Les dirigeants m'ont fait confiance, je vais travailler comme un fou pour leur rendre la pareille.
«Dès que Bordeaux est entré en lice, je ne pensais plus qu'à ça»
Avez-vous eu d'autres contacts avancés ? On a notamment parlé de Lyon...
Le président Aulas en a parlé mais je n'ai jamais eu de contacts directs avec Lyon. J'en ai eu avec deux-trois clubs, dont Stuttgart qui s'est positionné sur la fin. Mais dès que Bordeaux est entré en lice, je ne pensais plus qu'à ça. C'était Bordeaux et rien d'autre.
Entre les clubs que vous avez connus jusque-là (Amiens, Laval, Angers, Caen, Valenciennes) et Bordeaux, il doit y avoir pas mal de différences...
Oui, c'est une autre dimension. J'arrive dans l'un des clubs les plus titrés de France et ce n'est pas comparable, même si Caen et VA sont des bons clubs de L1.
Quels sont vos objectifs ?
On est là pour avoir des résultats et faire la meilleure saison possible. Il y a deux ans, Bordeaux a été champion, l'an dernier il a disputé les quarts de finale de la Ligue des champions et la finale de la Coupe de la Ligue. Quand on est à Bordeaux, l'ambition vient toute seule. Personnellement, j'aimerais bien inscrire une ligne à mon palmarès, gagner quelque chose.
Et jouer la Ligue des champions ?
J'en rêve, forcément. Mais on n'est pas les seuls à postuler. Si on y arrive, ce sera magnifique.
«Les Bleus ? Il aurait peut-être fallu tourner la page»
Avec la sélection, vous affrontez samedi le Malawi en éliminatoires de la CAN. Après des débuts manqués, vous vous êtes repris. Comment voyez-vous la suite ?
On a manqué le premier match (0-1 à domicile contre le Botswana) dans un contexte particulier, puisque personne n'avait encore repris. On arrivait tous de vacances pour disputer un match international. Cela n'excuse pas tout mais on est passé à côté. On a ensuite rectifié le tir au Tchad, en faisant un bon match (3-1). On est favoris du groupe, on va nous attendre, mais on doit assumer.
Où en est la sélection ?
On reconstruit, on repart avec une nouvelle équipe, un nouveau staff, et ça se passe plutôt bien. On doit écrire notre histoire. Depuis que je suis arrivé, on a des résultats très moyens, la non qualification pour la Coupe du monde a été très difficile à digérer. On doit maintenant redorer notre blason, nous réconcilier avec le public. Cela ne tient qu'à nous. On doit être performant sur le terrain et se qualifier pour la CAN. Ça passe par une victoire contre le Malawi.
Vous avez dû suivre la Coupe du monde, et le fiasco des Bleus. Qu'avez-vous pensé de tout ça ?
J'ai bien sûr suivi l'équipe de France. Par rapport à l'effectif, au potentiel qu'elle possède, c'est dommage d'en être arrivé là. Mais je n'ai pas à juger. Ils sont en train de construire une nouvelle histoire, avec un nouveau staff et des nouveaux joueurs. On va leur souhaiter le meilleur.
Et cette histoire de grève, vous avez compris ?
Dans un groupe, les joueurs sont toujours solidaires. Ce que je ne comprends pas, ce sont les sanctions de 4 ou 5 matches infligées à certains. C'était un acte collectif, qu'ils ont tous fait ensemble, même si cela n'a pas été bon pour l'image de la France. Les Bleus doivent aujourd'hui se qualifier pour l'Euro, et ils ont besoin pour cela de leurs meilleurs éléments. Des joueurs comme Ribéry en font partie. Maintenant, je n'étais pas là-bas et personne ne sait vraiment ce qu'il s'est passé. Mais avec l'arrivée d'un nouveau staff, il aurait peut-être fallu tourner la page. Aujourd'hui, la seule façon de le faire, c'est de gagner.» - Bruno Rodrigues
Ben Khalfallah
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