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Les travées du stade scrutées à la loupe

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houthou33 Par houthou33

le 08-11-2009 à 22:19

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Une victoire historique à Munich offre une double garantie : participer pour la première fois à un huitième de finale de la Ligue des champions et garnir davantage les travées de Chaban-Delmas et peut-être demain celles du grand stade, s'il veut bien voir le jour. C'est précisément dans cette optique que le club a commandé une étude pour scruter à la loupe le public bordelais (1). Qui est-il, pourquoi et d'où vient-il...

Le document date du mois de septembre dernier. Il offre un éclairage particulier sur la sociologie de la tribune. Bordelaise. À l'instar de la ville, jalouse de sa singularité, les supporters ne correspondent pas au portrait-robot imaginaire du « footeux de base ». Revue de détail.

1 Jeune, aisé, de plus en plus féminin

Le public bordelais a ceci de particulier qu'il est nettement plus jeune que la moyenne nationale. 66 % des spectateurs ont moins de 35 ans. Une proportion bien supérieure aux 50 % de spectateurs de moins de 35 ans que l'on trouve dans l'ensemble des stades de Ligue 1.

Mouvement de fond depuis plusieurs années, de plus en plus de femmes viennent au stade. On recensait 22 % de supportrices en 2008. Elles n'étaient que 11 % en 2006 (elles sont environ 25 % pour l'ensemble de la Ligue 1). Les spécialistes se perdent en conjectures sur le pourquoi.

Deux hypothèses reviennent le plus souvent : une équipe qui gagne accroît l'attractivité au-delà des publics « traditionnels ». La seconde, nettement moins scientifique, a trait au sex-appeal des stars de l'équipe...

Autre particularité de la population des travées bordelaises : elle affiche un niveau de revenus supérieur à la moyenne nationale. 37 % des spectateurs de Chaban gagnent plus de 3 000 euros par mois. 34 % ont des revenus compris entre 2 000 et 3 000 euros mensuels.

Ils ne sont que 2 % à gagner moins de 1 200 euros par mois. Un profil très « col blanc » qui statistiquement a tendance à venir au stade en groupe : 56 % des spectateurs vont au stade avec plus de trois personnes.

2 Attaché à son club avant tout

La science des sondages n'a pas pour ambition de décerner des bons ou des mauvais points aux supporters. Forts de leur spécificité sociologique, les supporters des Girondins détonnent sur l'intérêt qu'ils portent au football en général.

L'étude révèle qu'il est moins fort que dans les autres stades de l'Hexagone. Quand 53 % des supporters français de Ligue 1 se disent très intéressés par le football, ils ne sont que 48 % à Bordeaux. La modération prévaut. 37 % des supporters des Girondins de Bordeaux se disent plutôt intéressés par la discipline.

Mais là où le supporter des Marine et Blanc se détache, c'est dans son amour du maillot. Là les chiffres sont éloquents : 82 % des spectateurs interrogés se disent plutôt voire très attachés au club. Un score bien au-delà de la moyenne nationale

Il ne faut pas aller chercher les explications bien loin. Les Girondins de Bordeaux sont le seul club de football d'Aquitaine évoluant à un tel niveau. Il fédère ainsi toutes la ferveur footballistique régionale. Car l'Aquitaine est davantage une terre d'Ovalie.

En terme d'intérêt, le rugby demeure le sport roi, avec quelque sept clubs engagés en Top 14 et en Pro D 2.

3 Un rayonnement régional

Lors du match Bordeaux-Nice, disputé le 25 août, 77 départements étaient représentés dans les tribunes de Chaban-Delmas. Un chiffre qui émarge au rang des records. Globalement, 70 % des spectateurs sont originaires de Bordeaux et de sa périphérie. Les autres viennent généralement des Landes, de Dordogne, Charente, Charente-Maritime..., soit un véritable rayonnement régional.

Principal enseignement, les supporters sont capables de parcourir des dizaines de kilomètres pour voir jouer leur équipe. Il faut opérer un distinguo entre abonnés et non abonnés. Les premiers se situent dans un périmètre de 46 kilomètres. L'étude montre que les non abonnées se situent à une distance moyenne de 120 kilomètres. (contre 100 en moyenne en Ligue 1), preuve de l'attachement régional pour le club.

Le temps de trajet pour assister à un match est sensiblement plus long que dans les autres stades de Ligue 1. En moyenne, le spectateur bordelais met environ 75 minutes pour regagner son domicile au terme du match. L'explication à ce temps de trajet supérieur à la moyenne est à rechercher du côté de l'emplacement en plein centre-ville du stade. Le club voit dans ces données un argument supplémentaire pour établir le grand stade à Bordeaux-Lac (trois sites à proximité du parc des expositions sont en lice). D'autant que 68 % des sondés utilisent leur véhicule personnel pour se rendre au stade et que Chaban n'a pas de parking.

Ils ne sont que 6 % à se rendre au stade à pied, ce qui en soi, constitue une exception bordelaise. Le grand stade, s'il sort de terre, fera disparaître cette spécificité. Une donnée qui devrait être compensée par l'extension du réseau de tramway vers le site pressenti.

4 Spectateurs et consommateurs

Le spectateur bordelais dispose d'un pouvoir d'achat supérieur à la moyenne. Il dépense donc davantage lorsqu'il se déplace au stade. Outre le prix du billet ou de l'abonnement, 47 % des Bordelais sont prêts à dépenser plus de 10 euros à la buvette par match (la moyenne en Ligue 1 est de 27 %). Et ceux-ci ont pris l'habitude de consommer à l'intérieur du stade.

Cela dit, la consommation aux abords du stade émarge toujours au rang des petits plaisirs de l'avant ou après-match. Ceci s'explique notamment par l'encombrement des points de vente situés à l'intérieur du stade. Toutefois, l'étude délivre un mauvais point à la buvette de Chaban-Delmas. Elle est perçue comme moins satisfaisante qu'ailleurs et surtout bien trop chère.

Le club a produit cette étude non sans arrière-pensée. Ces éléments statistiques ont été transmis aux élus de la CUB lors du séminaire grand stade organisé à la Communauté urbaine de Bordeaux, début octobre. Le sort de ce dossier devrait être scellé dans les semaines qui viennent.

(1) « Étude sur le public de Chaban-Delmas et projections pour le grand stade à Bordeaux », basée sur deux enquêtes de la Ligue de football professionnel sur les spectateurs de Ligue 1 (2006) et les publics du stade Chaban-Delmas (2008).

j' ai 48 ans et je vais toujours au stade

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